Par Matthew Beutel, tel que paru dans le journal « L’Écho de la Basse-Ville»

Pascale de Courville Nicol, Community House Coordinator, setting things up modified distribution outside as per COVID-19 guidelines

Comme tout le monde, nous, au Centre de ressources communautaires de la Basse-Ville (CRCBV), avons été ébranlés par la venue de la crise du coronavirus. Tous nos programmes sont affectés d’une manière ou d’une autre. Certains, comme nos programmes parascolaires et pour aînés, ont été mis sur pause. D’autres sont considérés essentiels et nous continuons à les livrer tout en s’adaptant aux consignes de Santé publique Ottawa et des deux autres paliers gouvernementaux.

Nos intervenantes demeurent disponibles pour des rencontres ponctuelles pour aider les gens en situation vulnérable. Elles rejoignent aussi des centaines de nos résidents par téléphone pour s’interroger de leur bien-être et leur tendre la main. Nos employés qui travaillent avec les jeunes font aussi de l’approche téléphonique auprès des familles, offre des sacs-collation prêts pour emporter et un soutien avec le travail scolaire. Certaines de nos activités se poursuivent encore plus que jamais telle la banque alimentaire à la Maison communautaire au 45, rue Beausoleil. Sans l’apport de nos précieux bénévoles, comme Estelle Séguin et Michel Joanisse, nous ne pourrions pas assurer que les ménages en besoin aient accès à une saine alimentation.

Depuis plus de 40 ans, Estelle habite à la Basse-Ville où elle a élevé ses deux enfants. Son mari, Bob, a aussi deux enfants d’un premier mariage. Ensemble, leur vie est enrichie de quatre petits-enfants. Estelle fait du bénévolat à la Maison communautaire depuis ses tout débuts, il y a 25 ans. Une de ses amies coordonnait la Maison et a aidé à démarrer la banque alimentaire. Un jour, elle a demandé à Estelle si elle voulait donner un coup de main et « hop ! », le reste s’est fait tout seul !

« J’aime la Basse-Ville. C’est ici que je reste. Je veux être là pour servir le monde. J’aime les gens. J’aime la place où je suis ici à la Maison communautaire…tu te fais des amis…ça devient une famille. »

 Michel Joanisse (Mike)

Michel Joanisse (Mike)

Pour sa part, Michel, vit à la Basse-Ville depuis 15 ans. C’est Estelle qui l’a accroché un jour devant la banque alimentaire et l’a convaincu de faire un peu de bénévolat. Sept ans plus tard, il est toujours là ! «Michel est un [très] bon gars ! [Il est] toujours en train de nous faire rire. Il a souvent des bonnes idées pour comment on peut améliorer le fonctionnement du programme.»

Estelle partage cette philosophie de faire ce que l’on peut. « Les personnes qui viennent sont gênées…on les met à l’aise », raconte-t-elle. « On m’a déjà dit : « Si ce n’était pas pour toi, je ne reviendrais pas ! » C’est du monde comme toi et moi.

La Maison communautaire est un havre pour plusieurs. Estelle la décrit comme ayant « de tout : le respect, l’amour, la confidentialité, l’écoute (ce qui est parfois dur pour moi, car j’aime ça, jaser !) ».

La mère de Michel habite dans un foyer et, ces temps-ci, il ne peut la visiter qu’à travers une fenêtre. Il trouve ça difficile mais, comme il dit, « Nous sommes tous pris dans cette situation. Nous n’avons pas le choix ».

 Estelle Séguin

Estelle Séguin

Dû à un défi de santé pour lequel elle a subi une intervention chirurgicale dans la dernière année, Estelle doit éviter de venir à la Maison communautaire durant cette période COVID-19. Par contre, elle trouve quand même une façon de contribuer : on l’a installée avec un ordinateur portable à la maison d’où elle peut faire l’entrée de données reliées à la banque alimentaire. Quand même, il n’y a rien comme accueillir le monde en besoin en personne. C’est cette débrouillardise et cette volonté qui sont la marque de commerce du CRCBV. Exaspérée, elle dit : « Je déteste ça ! J’ai hâte que ça finisse. »

Nous autres aussi, Estelle, nous autres aussi !

Un énorme merci à toi, à Michel et à tous nos employés et bénévoles.

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